Les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence - Couvent de Paris
Willkommen, Bienvenue, Welcome au… Couvent de Paris des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence

Nos vœux

Lorsque nos (tr)aînées déclarèrent à la fesse du monde l'existence officielle des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, en 1981 (soit deux ans après leur premier coup d'éclat), elles le firent en formulant deux Vœux : Promulguer la joie universelle et Expier la culpabilité stigmatisante.

Précieux à nos yeux, ces vœux sont ceux que nous prononçons lorsque nous devenons Novice ou Aspirant et que nous renouvelons au moment de devenir Sœur ou Garde-Cuisses.

Ce sont pour nous des guides sur le chemin de la Perpétuelle Indulgence, des repères sur cette route sinueuse pour nous prémunir de tout égarement spirituel, politique et/ou égotique. Grâce à eux le Saint-eSPIt nous pénètre et nous envahit de son immensité, pour le rayonnement de la Perpétuelle Indulgence à travers le monde, car étant fondateurs, ces deux Vœux sont communs à tous les membres de l'Ordre et font que toute Sœur ou Garde-Cuisses peut se reconnaître en un•e autre.

Puis, au fils du temps, chaque Couvent a développé sa propre liste de Vœux (certains n'ont gardé que ceux-là, comme souvent aux États-Unis).

Le Couvent de Paris, aujourd'hui – comme nombre de Couvents de France – en compte six :

  • Promulguer la joie omniverselle
  • Expier la honte et la culpabilité stigmatisantes
  • Paix et dialogue entre les communautés
  • Charité
  • Information et prévention du VIH et des IST
  • Droit et devoir de mémoire

Dans cet ordre, les deux premiers restent les plus importants pour toutes les Sœurs et Garde-Cuisses car historiquement fondés. Mais parfois, la Sœur ou le Garde-Cuisses peut avoir reçu le coup de l'Appel sur le coin de sa tête et privilégier dans son œuvre envers nos communautés un ou plusieurs d'entre eux, mais sans jamais négliger les autres.

Car après tout, nous Novices, Aspirants, Sœurs et Gardes-Cuisses nous sommes engagé•e•s envers notre Couvent, notre Ordre et la Société civile à les porter et à les incarner dans toutes nos actions, en toutes circoncis'…tances.

Pensée Zen

Tu aimeras ton prochain, bordel de merde !

Sœur Maria-Olympia dite l'iceberg droit devant

Promulguer la joie omniverselle

Dite « universelle » dans un premier temps, puis « multiverselle », et depuis quelques années « omniverselle » à la demande de Sister Soami deLux (fondeuse américaine), la Joie que nous Sœurs de la Perpétuelle Indulgence portons, se veut indivisible, dans le temps et l'espace, et envers tout•e un•e chacun•e.

Cette Joie peut se traduire de diverses manières : promouvoir l'esprit de fête (d'où nos présences en boîtes de nuit comme à des festivals, dans des bars et dans la rue), l'humour dont on use et abuse jusqu'à la corde (pour se pendre, même si cet humour n'est pas toujours drôle, ni fin, mais souvent grossier, parfois cinglant ou grinçant) ou encore à travers la flamboyance de nos mises en beauté pour mieux ravir nos Ouailles (ou les faire déguerpir, l'esthétisme étant tellement subjectif…).

Pensez-y…

Sois belle et tais-toi
T'es belle et sois toi !

Saint-Tisfaite, Gardien de la Raie-Jouissance

Expier la honte et la culpabilité stigmatisante

Parce que la honte et la culpabilité sont les sœurs ennemies de la Joie, promulguer celle-ci s'accompagne nécessairement, mais pas toujours explicitement, d'expier les premières.

Expier signifie réparer, compenser ou « faire pénitence ». En ce sens, nous Sœurs de la Perpétuelle Indulgence accordons notre écoute, sans jugement, à toute personne qui garderait sur son dos la lourde croix de la honte, du regret et du rejet.

À toute personne qui cherche à s'affranchir des normes sociales conditionnantes voire oppressantes et l'empêchent d'être soi-même.

Une sortie du placard difficile, une double vie accompagnée d'un calendrier de ministre difficile à gérer, un plan cul foireux, une prise de risque sexuel, une séroconversion, un mauvais shoot, une entrée ratée ou un ongle cassé ? Nos grandes oreilles que sont nos Cornettes peuvent tout entendre et garder pour elles, dans une forme d'anonymat, et permettent ainsi l'expression libre, le soulagement et l'esquisse d'un sourire. Une absolution en somme, et sans contrepartie : allez dans la paix et péchez dans la joie !

Dicton sororal

Petit à petit, travelo s'épaissit

Sœur Marie-Jeannine du Rêve Suspendu

Paix et dialogue entre les communautés

En vue de favoriser la joie et d'expier la honte et la culpabilité, c'est bien la paix en soi et avec les autres que nous visons.

Nous, Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, sommes bien conscientes des divers maux qui traversent nos communautés : l'hétérocissexisme, la misogynie, le racisme, les privilèges de classe, le validisme ou la mise au ban des « handi' » et des neuro-atypiques, le jeunisme et le rejet des plus âgé•e•s, la grossophobie, sans oublier nos bonnes vieilles copines : sérophobie et follophobie ! Et la liste pourrait s'allonger…

Si pour autant, imparfaites, faillibles et humaines que nous sommes, nous essayons de ne pas les reproduire et si nous luttons contre leur systématisation, nous refusons de rester –  et même mieux, d'entrer – dans des colères clivantes et la haine destructrice, et leur préférons la paix. Nous faisons volontiers le lit du dialogue, et nous nous évertuons à développer la réflexion infracommunautaire en toute sérénité, au-delà du désaccord qui a le droit absolu d'exister.

Dicton de backroom

Allez tou•te•s vous faire aimer !

Sœur Emma Cul et Concession

Charité

Parce que nous avons rejoint un Ordre pauvre et dérisoire, nous sommes bénévoles et recevons l'obole de nos ouailles.

Que ce soit auprès de patron•ne•s d'établissement, d'organisateur•ice•s de soirées, de riches daddies, de magnates du L-World, de richissimes fabulous trans, d'anonymes ou à l'occasion de Bingo, tous ces fions servent évidemment à l'Amour, Gloire et Beauté de nos Mères Supérieures et ArchiMère des Couvents de Gaule !

Elles qui, dans leur grande générosité, nous enseignent très tôt la véritable expression française : « Charité bien ordonnée commence par sa Mère ». Et quand leur avidité pour tout ce qui brille est enfin repue, nous reversons les quelques milliers d'euros restants aux associations dont les projets sont en accord avec nos Vœux, dans le cadre des « Bourses » annuelles ou de « P'tits sous » que l'on peut nous demander toute l'année.

L'argent restant nous aide aussi à organiser des week-ends de Jouvence et des séjours de Ressourcement, qui font la spécificité des Sœurs de France (cf. le livre d'Olivier Touron et Laurent Catherine).

Money can't buy it!

Si notre beauté a un prix, sachez qu'il nous est pourtant interdit d'utiliser vos deniers pour notre fonctionnement interne, ni pour l'achat et/ou la fabrication de nos habits, notre maquillage, notre drogue ou nos déplacements…

Donner aux Sœurs, c'est donner aux autres, et ça nous fait plaisir !

Pensez aux autres !

Je vous salis, morue !

Saint-Lopette, gardien de ceux qui ne se font pas tirer que les bretelles

Information et prévention du VIH et des IST

Frappées de plein fouet par l'apparition et le développement rapide du VIH/sida, les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence du Couvent Mère de San Francisco ont été les premières dès 1982 à adresser des conseils de safe sex à leurs ouailles, dans un livret intitulé « Play Fair » (« Joue dans le juste respect »).

Depuis lors, nous sommes particulièrement attentives aux problématiques de santé sexuelle et à l'actualisation des modes de prévention du VIH et des IST que nous prêchons afin que la sexualité, entre adultes consentants et responsables de soi et de la truie (ou d'autrui), voire l'absence de sexualité/l'asexualité aussi, reste source de plaisir et d'épanouissement.

Proverbe

La biffle ne fait pas le moine

(mais elle lui fait plaisir)

Droit et devoir de mémoire

Enfin, parce que nous préférons construire l'avenir à partir du présent plutôt que de le dire totalement incertain, et que ce présent est en partie le fruit du passé dont on peut retenir des leçons, nous Sœurs de la Perpétuelle Indulgence ne voulons pas oublier les atrocités que des temps plus difficiles ont pu voir se produire, ni les erreurs que nous avons souvent commises, ni celles qui se produisent ailleurs encore aujourd'hui. Nous voulons aussi sauvegarder en nos cœurs l'existence de nos ami•e•s, nos maris, nos épouses, nos frères et nos sœurs qui ont rejoint le Paradisco toujours bien trop tôt.

Pour finir, il serait beau de méditer sur chaque Vœu dans son unité, car tous sont par essence déjà protéiformes, mais se serait négliger l'idée forte qu'ensemble ils forment le puzzle (ou plutôt le casse-tête) de la Perpétuelle Indulgence, en se croisant, s'associant et se répondant. Et ils nous rappellent qu'être Sœur ou Garde-Cuisses n'est jamais « chacun•e pour soi » non plus. Les Sœurs comme les Vœux entre eux se veulent solidaires et au service de l'autre truie. Alors par exemple, si les Droit et Devoir de mémoire peuvent nous plonger dans la nostalgie, nous, Sœurs de Perpétuelle Indulgence avons l'obligation morale et spirituelle par le Vœu de Promulguer la Joie Omniverselle de rappeler à tou•te•s que la vie reste belle et que nos cher•e•s et tendres disparu•e•s auraient probablement souhaité que l'on continue d'en profiter, comme eux•elles l'auraient fait. Ainsi, comme le dit l'une de nos prières favorites : « Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. Prenez attention et tâchez d'être heureux•euses ! »