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Première sortie des Soeurs du Couvent de Paris
en 1991 au Salon de l'homosocialité. |
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Soeurs Cunegonde Hospitalière et Christ all Dark
de Marie Madeleine lors de la Gay Pride 2002 à
Paris. |
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Les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence sont nées en 1979 d’un pari un peu décalé que se sont lancés quatre bons
copains. Un jour de Samedi Saint, ils ont revêtu les authentiques robes de
nonnes qu’un couvent leur avait données trois ans auparavant dans le cadre de
leurs activités de music hall, lors d’une tournée à travers les Etats-Unis.
Armés de mitraillettes en plastique rose, ils/elles déboulent dans Castro, la
Mecque gay et lesbienne de San Francisco. Et là, ô stupeur, les garçons et les
filles affluent vers ces personnages hauts en couleurs et en cris et commencent
à se confier à celles qui devinrent nos Trois Frondeuses.
En effet, l’idée a immédiatement permis de répondre à un besoin d’écoute que
l’on rencontre encore aujourd’hui dans chacune de nos actions. Ecouter sans
juger, donner l’occasion à la parole sans intention autre que de donner du
bien-être à l’interlocuteur. Un an plus tard, le nom de «The Sisters of PerpetualIndulgenge Inc. » est créé et déposé, les actions de
récolte de fonds au profit des malades du cancer commencent, elles participent
aussi aux manifestations contre le nucléaire. Rappelons que nous sommes en l’an
10 de l’après Stonewall (1979), que l’épidémie de
sida ne fait pas encore ses ravages. Les interventions de nos Soeurs se fondent
sur deux voeux principaux : « expiating stigmatic guil» et « promulgating universal joy ».
L’expiation de la culpabilité stigmatisante
doit permettre à toutes celles et ceux qui souffrent de la haine des autres et
de la haine de soi-même de rejeter les fondements de base de la société
patriarcale visant à diviser le monde en deux catégories, le mâle hétérosexuel
dominant et les restes de l’humanité. Dans ces restes, se trouvent pêle-mêle
les femmes, les homosexuels et tout ce qui rentre dans le moule conçu pour
humilier les individus et détruire toute velléité de révolte.
Et puis, dès 1981, une maladie nouvelle apparaît qui sème stupeur et
désolation. Une maladie qui s’attrape par le sang, par le sperme, par la
fécondation, par tout ce qui est à la base de la Vie. Alors nos Soeurs,
plutôt que d’interdire l’AMOUR physique qui permet à l’individu de se libérer
des interdictions religieuses de tout bord, ont choisi de promouvoir l’amour
heureux, l’amour libre qui se fonde sur le respect de soi, sur celui de ses
partenaires. En 1982, elles sont les premières au monde à diffuser un petit
pamphlet, oserai-je une bulle, intitulé «Play Fair, Play Safe ».Les relations amoureuses entre personnes
consentantes ne sont pas péché, Saint Latex et Saint Gel à Queue nous
protègent, nous enveloppent et nous enduisent pour nous conduire sur les
chemins de l’extase.
L’Ordre commence à se répandre sur la planète entière (Grande-Bretagne,
Australie, Canada, Amérique du Sud, Irlande du Nord...) et en 1989, nos aînées
françaises prennent contact avec la Maison Mère de San Francisco lors d’un voyage qui
n’était pas initiatique pourtant! L’année suivante, Sœur Rita du Calvaire de
Marie-Madeleine car-Elle-aussi-a-beaucoup--souffert, Sœur Thérèse Ravière de
Cul et Lard, Sœur Marie Mongolita des Fientes, Sœur Ginette de la Vache Molle et Sœur
Plat-du-Jour/Tous-nos-Prix-sont-nets sont les premières Françaises élevées dans
l’Ordre des Soeurs de la Perpétuelle Indulgence. Le Couvent de Paris est
élevé devant l’église de la Sorbonne et depuis nous continuons notre inexorable
extension.
Contrairement à ce que notre follitude peut laisser imaginer,
nos couvents de France sont constitués dans le cadre juridique
strict des associations. A cet effet, chaque couvent est
une association indépendante. Paris en compte deux, Paris
et Paname, le Couvent du Nord (Lille), le Couvent d’Allor
(Nancy), le Couvent des Chênaies (Aix-en-Provence). Couvent
d’As (Bordeaux). D’autres sont en sommeil et attendent
un retour de flamme, le Couvent d’Oc (Montpellier), le
Couvent des Aubépines (Aix en Provence). Enfin, le Couvent
d’Ouïl (Nantes) a fermé ses portes l’année dernière.
Comme toute structure associative, nous nous fondons sur le bénévolat. Il n’y a
pas de salarié(e) chez les Soeurs. Nous nous eunissons
au sein de nos couvents une fois par mois en Chapitre, en inter-couvent, une à
deux fois par an, en fonction de l’actualité, en Concile et, au niveau
international, une fois tous les deux à trois ans, en Conclave. Ce sont souvent
des moments très forts où le sens de notre
engagement prend une dimension toute autre, du fait du nombre de Soeurs
présentes à ces rassemblements. En outre, nous fonctionnons régulièrement en
inter-couvent sur des moments phares de notre vie: séjours de ressourcements
organisés deux à trois fois l’an pour les personnes touchées ou concernées par
le VIH, Universités d’Eté à Marseille, Marches des Fiertés, festival Solidays sur l’Hippodrome de Longchamp...
Le nombre de nos Soeurs n’est connu de personne, exceptée probablement de Sainte
Pouffe, patronne des couvents de France. L’engagement chez les Soeurs est avant
tout une démarche personnelle et donc individuelle. Certaines Soeurs sont en
habit une à deux fois par an, d’autres une à deux fois par semaine. Celles qui
veulent prendre un peu de recul par rapport à leur engagement ou se reposer sur
un période indéterminée se mettent en congélation ou en lévitation, elles
comptent cependant dans nos effectifs bien qu’elles ne sortent pas ou très peu.
Enfin, les postulantes (premier stade avant de porter le voile blanc de la
novice puis le voile noir de la Sœur et de prononcer ses Vœux Perpétuels et son
Serment d’Allégeance) comptent en tant que civils dans nos effectifs mais ne
sont pas encore des personnages à part entière.
L’une des actions importantes des Soeurs de France consiste en l’organisation
de séjours de ressourcement, organisés deux à trois fois l’an, à destination
des personnes touchées ou concernées par le VIH. Nous en avons fêté les quinze
ans l’année dernière. De nombreuses personnes, gays, lesbiennes, bisexuel(le)s,
tox, transgenres, indéterminéEs,
hétérosexuel(le)s, adultes, enfants, ont pu partager durant tous ces séjours le
quotidien et la Follie des Soeurs. Autre succès, dans
un autre registre, tenir debout toute une nuit sur nos talons aiguilles. Mais
aussi, lors de toute action, ce petit sourire que l’on voit parfois naître sur
les lèvres d’un garçon ou d’une fille accoudé(e) au zinc du comptoir et qui
avait l’air si malheureux avant notre arrivée dans le bar.
Certaines de nos Soeurs ont une relation très particulière avec la religion. Elles
ont été marquées par la rencontre de telle ou telle personne appartenant à la
religion, dans un sens formidablement positif ou exécrablement négatif. Outre
notre costume d’inspiration religieuse et le formidable attrait de
quelques-unes d’entre nous pour les bijoux et les croix en particulier, nous
respectons profondément la foi de chacune et chacun. Notre tenue n’a pas pour
but de choquer gratuitement mais bien d’attirer l’attention des personnes que
nous rencontrons. Si notre attitude est considérée comme provocante, c’est
parce que les fondements de notre société font qu’un homme n’est pas censé se
maquiller et/ou porter une robe. Ce qui sera alors ressenti comme une provocation
par des personnes qui se reconnaissent dans une religion peut l’être par toute
personne se réclamant d’une conception de la société dans laquelle un homme ne
doit pas se « traveloter ».
Enfin, sur le personnage de la Soeur, nous avons choisi
l’image de la nonne qui, dans l’inconscient collectif,
reste une figure de bonté, d’amour et de don de soi. Nous
ne cherchons en rien à les ridiculiser. Et les Soeurs
en habit que nous rencontrons dans la rue ou dans le métro
ne nous ont jamais jeté de pierres. Le dialogue s’est
créé à maintes reprises et nous vivons toutes ces petits
moments comme des instants de grâce.
Que Sainte Pouffe, patronne des Couvents de France,
Sainte Tapiola, patronne des Garçons qui aiment les Garçons,
Sainte Sapho, patronne des Filles qui aiment les Filles,
Sainte Cyclète, patronne des Bi,
Saint Jean d’Arc, patron des Transgenres,
Sainte Rita, patronne des causes désespérées et donc, des hétéros,
Veillent sur vous avec Amour, Joie et Paix.
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Mère Supérieure Soeur Innocenta aux Mains
Pleines |
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